Le duel de guitare Steve Vaï contre Ry Cooder (Crossroads)
Crossroads n’a pas fait date dans l’histoire du cinéma (je ne parle pas du nanar avec Britney Spears et d’autres nanas nunuches). C’est vrai que le film -dont le titre fait évidemment référence au légendaire Robert Johnson- est bourré de clichés sur le rock et le blues. L’un des plus gros poncifs est le duel de guitares.
En gros on arrive vers la fin du film et le jeune padawan est dans un roadhouse où se déroulent chaque soir des duels de guitaristes. Et là le p’tit gars va tenter sa chance contre rien de moins que Steve Vaï. Remarquez à l’époque le virtuose qui accompagnait Frank Zappa n’avait pas encore son statut d’élève qui a dépassé les maitres (Satriani et Eddie Van Halen), mais c’était pas ce qu’on appellerait un manchot. Donc le jeune gars (le gentil) va croiser le manche avec le très méchant guitariste de Satan (rien que ça) qu’incarne Steve Vaï. Et attention, pas question de rigoler. Genre je sors un lick à 500 à l’heure avec mes dix doigts qui gigotent comme jamais et hop à toi mon gars, montre ce que tu sais faire si t’es un homme. Ben oui, la testostérone dégouline, c’est super-macho le duel de guitares.
D’ailleurs, j’apprends en lisant ce billet (sur le blog d’un gratteux, Guitar Obsession) que le morceau est basé sur un caprice du demi-dieu Paganini, le violoniste fou qui a inventé les images autocollantes, ou quelque chose comme ça. C’est dire le niveau technique.
En vrai, le p’tit gars c’est pas lui qui joue en slide avec un son bien tranchant. On vous la fait pas, c’est Ry Cooder qu’on entend quand on voit le héros lancer les notes du début (après c’est Vaï qui joue en réalité les morceaux des deux protagonistes). Et évidemment de façon très très crédible c’est -contre toute attente- le gentil qui gagne (étonnant, non ?). Juste après avoir regardé cette vidéo, je vous conseille de vous repasser les jams du DVD du G3 version Malmsteen. Ca n’a rien à voir
Ou pour l’ambiance Missisipi et les références aux légendes du blues, un bon petit coup du génial O’Brother des frères Cohen.
La BO de Crossroads, qui contenait d’excellentes versions de classiques du blues revisitées par Ry Cooder, n’incorporait pas le déballage pyrotechnique du fameux duel. Il faudra attendre que SyVy veuille bien sortir des compiles d’inédits de derrière les fagots pour trouver l’enregistrement sur The Elusive Light and Sound, Vol. 1. Deux disques aussi différents que leurs interprètes mais chacun tellement meilleur que le film qui les a réunis. J’ignore si Ry et Steve ont joué ensembles ensuite…




27 octobre 2006 à 12:55
j’espère que ça ne va pas te contrarier mais, même si quand j’ai vu le film (j’avais 16 ans) je l’ai trouvé bien. Avec le recul c’est pas vraiment un chef d’oeuvre du 7ème art. Comme quoi karaté kid + robert johnson…….
30 janvier 2007 à 1:38
Hé bien … Oui, Paganini est un dieu ^^ Le meilleur musicien que la terre ait porté.
Bref.
Effectivement, c’est un des “Caprices” de Paganini qui a servi pour le film Crossroads. Plus exactement, c’est le 5è Caprice, réarrangé et joué par Vai.
Ca a de quoi mettre tout le monde d’accord quant à la technique de Vai : Paganini (ou Vivaldi), c’est autre chose que Lorie (lol). Le classique, de manière générale, c’est ce qu’il y a de plus technique à jouer (dans tous les sens du terme).
Croassroads ? Même si c’est bourré de clichés, c’est bien à voir ^^
5 mars 2008 à 9:59
Franchement j’ai bien aimé ce film, meme bourré de clichés, même la fin nunuche avec vai le king du mauvais gout (enfin ca c’est encore mon appréciation) tout ca… Y’a quand même de la bonne musique (harmonica aussi!)!
Et à propos: est-ce que quelqu’un connait le nom de la chanson que le “gentil” joue quand il apprend que y’a pas vraiment de 30em chanson de Robert Johnson et que le vieux l’a eu (vous savez bien, celle ou avec un minuscule pignose il a une reverb de fou! Oui celle au bottleneck, oui toute lente, ouai c’est ca!)???
Si vous detenez ce titre, call me: zerogravityfamily[at]hotmail.com, c’est un des blues les plus profonds que j’ai écouté (et dieu sait que ma ptite audiothèque est entièrement consacrée au blues, poussièreux ou même sableux, trop cool!).
Voili voilou, that’ all (folks)