Satriani live à Strasbourg : gig report

Papa Satch m’avait outré le porte monnaie en affichant ses tarifs pour la grand messe au Grand Rex. Mais le fan est un gogo : quand on n’aime on ne compte pas. J’ai cédé aux sirènes du wah wah d’autant plus facilement que le guitar-hero au crane luisant passait chez moi à Strasbourg.

Le concert avait lieu au palais de la musique et des congrès, une salle nettement moins rock n’ roll que la Laiterie. Impression confirmée sur place : foule calme de quadras, pas de fosse mais des sièges numérotés et super rembourés, genre salle de cinéma. Le public va rester vautré, jusqu’au rappel.

Aucune première partie n’était annoncée. Les lumières s’éteignent et un petit bonhonne rigolo revient ouvrir pour le Satch : Adrian Legg arrive pieds nus et s’assoit gentiment sur son tabouret pour une demi-heure d’un set sympathique. Le bonhomme qui (si ma mémoire est bonne) avait fait la première partie de la tournée The Extremist s’était fait siffler lors des deux dates au Zénith par un public sectaire qui s’attendait à quelque chose de plus électrique. Quinze ans après et en province, on l’applaudit. Agréablement surpris par cet accueil, Adrian explique qu’il croyait que le concert avait lieu au Luxembourg et qu’il est finalement pas mécontent de se retrouver à Strasbourg (hein, distribution de topinambours ?). La faute au road manager ou à un problème d’audition ? Il tire sa révérence en annonçant modestement que ce qui va suivre sera “more exciting”.

Quelques minutes de pause pour le tout dernier sound-check des instruments prêts depuis lontemps. Le rack d’Ibanez est au complet (avec évidemment la Chrome Boy qui dans quelques minutes renverra la lumière de la poursuite bien comme il faut dans les yeux, histoire de ne pas seulement sortir sourds mais aussi aveugles ;-)). Lumières de salle au noir et ouverture du concert sur le classique Flying in A Blue Dream. Roule ma poule pendant une bonne heure et demi. Epaulé par un guitariste rythmique, un bassiste (et non c’est pas Stu Hamm) et son pote Jeff Campitelli derrière les futs, Joe assure en grand professionnel un show bien rodé, après vingt ans de carrière (ça ne me rejeunit pas). Mais sans grande surprise non plus.

(edit : plus d’infos sur les musiciens qui accompagnent Joe Satriani)

Le son manque parfois de clarté (j’ai le droit de chipoter car habituellement avec Satriani la balance donne un son parfaitement équilibré) à mon avis à cause du mixage de la batterie. Pour autant le plaisir ne manque pas au rendez-vous, le set est agréable de bout en bout. Le personnage ne se refait pas : on ne peut pas couper au coté “démonstration technique du maestro” (je m’en fous totalement, n’étant pas guitariste), mais quel bonheur de voir le groupe partir dans des jams sur les intros (ice 9, circles) et à la fin des morceaux, avec ce soir, juste pour me faire plaisir, une des plus belles impros que j’ai entendues de sa part sur Always With Me… (et je ne compte pas le nombre de versions live que j’ai de ce morceau !).

L’accompagnement musical tient la route. Le bassiste (désolé, je n’ai pas retenu son nom) remporte la palme. Le guitariste rythmique reste peu audible et fait essentiellement des textures. Campitelli à la batterie remplit son role sans faire d’étincelles. Le jour où Joe retrouvera les numéros de téléphone de Manu Katché ou de Simon Philips, ça s’arrangera peut être.

Niveau ambiance dans la salle, il faut bien avouer que c’est long à venir. Applaudissements polis, jusqu’au Surfing with the Alien de rigueur avant le rappel.

A ce moment la salle se réveille comme par magie et rappelle les artistes vigoureusement. Revenez les mecs, on a payé cher, on veut pas encore aller au lit. Assez prévisible, le Crowd Chant est balancé rapidement, sans les improvisations qui pourraient rendre ce moment unique par un vrai dialogue avec le public. C’était autrement plus magique d’entendre la foule répondre spontanément à la guitare du Satch sur New Blues, il y a quelques années en arrière (sur cet enregistrement par exemple). Enfin bon. Toujours est-il que le rythme, la mélodie et la structure du morceau sont imparables.

Au final, on se dit qu’on ne pourrais jamais être déçu par un concert d’un bonhomme de la trempe de Satriani, même si le show n’a que quelques moments de pure magie.

Si vous avez vu un show de cette tournée sur une autre date, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

6 Réponses vers «Satriani live à Strasbourg : gig report»

  1. Mathieu à dit:

    C’est sur que les concerts de branlage de manche c’est pas forcément l’euphorie, le son est souvent difficile à analyser et l’ambiance assez calme… , et on fini par s’ennuyer un peu (j’ai eu cette impression en voyant rondat, dream theater, symhopnyX, …).
    Mais bon avec le recul on se dit que le spectacle vallait qd même le coup :).

    De toute manière en live du coté shredders, rien ne vaut Freak Kitchen !! (même si c pas vraiment le même esprit je vous l’accorde)

  2. Inspekta à dit:

    Attention, je dis pas que Joe fait du branlage de manche. Hola, mon idole, quand même un peu de respect :-) ! De toute façon, on peut pas l’empêcher de nous montrer tout ce qu’il sait faire ;-) (à un moment il s’est même pris direct pour Hendrix et a joué avec ses dents !).
    Je l’ai déjà vu six ou sept fois à Paris et là je trouvais juste que c’était un concert un peu en dessous de la moyenne, niveau ambiance.
    Freak Kitchen je connaissais pas, mais je sens que ça doit être marrant. Tu as un album en particulier à me conseiller ?

  3. Mathieu à dit:

    Freak Kitchen c’est ‘achement bien, un peu dans le style de Bumblefoot : de vrais songwriters mais avec un coté soliste super experimental et virtuose.
    Le style serai qualifiable de “easy listenning rock metal”.
    Les deux derniers albums sont à écouter en boucle : “move” et “organic”.

  4. Inspekta à dit:

    Je vais me laisser tenter, avec le Eagles of Death Metal en prime !

  5. tylerdurdenxp à dit:

    Et oui, comme à Paris, un concert (comme toujours) trop court mais magique et intense !!!

  6. Inspekta à dit:

    une autre chronique du concert parisien :
    http://www.auxportesdumetal.com/reports/satriani2006.html

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